Assurance maladie suisse, pour les riches et les biens portants

À part les États-Unis, il semble que la Suisse est le pays qui dépense la plus grande partie de son PIB en frais de santé de sa population. C’est également celui où les habitants doivent faire avec des primes d’assurance très élevées alors que la prise en charge directe des soins sont plus ou moins acceptée librement.
Ce n’est donc pas étonnant si la moindre hausse des primes d’assurance provoque tous les ans de vives protestations de la part des assurés ainsi qu’une multitude de propositions de réforme. Il est en effet évident que la hausse incessante des frais de santé est le lot de la population vieillissante des pays riches dont fait partie la Suisse. La recherche de plus de confort et l’exigence d’une qualité optimale des soins et services délivrés s’y ajoutent, provoquant incessamment une hausse importante des soins médicaux, plus que dans les autres pays.

Les efforts de la LAMAl

Face à cela, l’assurance maladie suisse, la LAMAl a promis de faire en sorte que la situation s’améliore. Elle a promis entre autres de ralentir cette hausse des frais de santé en offrant à tous dans la même foulée, des soins de qualité largement suffisants ou illimités pour tous. Riches comme pauvres, jeunes comme vieux, en bonne santé ou apparemment malade y seront traités de la même manière grâce à un système de tarification des plus inébranlables.

Ceux qui sont contre cette progression incessante des primes d’assurance ne cessent de marteler qu’il ne faut pas considérer le secteur de la santé comme les autres domaines étatiques. En effet, personne ne souhaite tomber malade et faire en sorte d’économiser sur ses dépenses de santé. De nombreux secteurs permettent de le faire en misant sur la concurrence comme pour le logement, l’assurance et les dépannages de toutes sortes.

Les résolutions proposées

Ralentir la hausse des frais de santé sans devoir limiter les soins délivrés nécessite ainsi l’assouplissement des prix, nécessitant de faire également jouer la concurrence entre les fournisseurs de prestations comme le ferait un comparateur assurance maladie suisse. Justement, Matthias Jauslin, le conseiller national argovien vient de proposer à ce qu’on bannisse le Tarmed, le système tarifaire négocié entre partenaires et qui a reçu l’aval du Conseil fédéral. Pourtant, celui-ci a déjà été revu en 2014 et a également fait l’objet de virulentes discussions, car aucun terrain d’entente n’a été trouvé sur le principe de la neutralité des coûts. À Jauslin de rétorquer de nouveau à ce que les autorités concernées laissent tomber cette manière de procéder et permettre aux médecins pratiquants d’établir eux-mêmes leurs honoraires. Pour cela, ceux-ci doivent suivre l’exemple des dentistes, en se basant sur une certaine fourchette de tarifs à introduire progressivement. Le revers de cette médaille ? Les spécialistes de la médecine de pointe continueront toujours d’appliquer leurs prix exorbitants tandis que ceux de la médecine générale des honoraires plus attractifs dédiés à ceux ne disposant que de budgets limités. Cependant, ceux de la gauche sont farouchement contre cette idée, car intentant à l’unicité tarifaire de l’assurance maladie LaMal. Une telle situation existe pourtant bel et bien avec les assurances complémentaires que tout le monde ne peut pas toujours s’offrir.

 

Sébastien Auteur